• Un_Riou

Poudre aux yeux et désenchantement


The Magic Order

Mark Millar - Olivier Coipel

Editions : Panini Comics


La magie existe et des magiciens protègent depuis la nuit des temps la mortelle et innocente humanité des horreurs indicibles des Grands Anciens (ah, non, des monstres primordiaux, devait y avoir un TM sur les premiers). Entrez dans la vie d'une famille super dysfonctionnelle, avec ses cicatrices et tares inavouables, le jour où le destin du monde est entre leurs mains (ta tan tan tan !).


C'est beau, rien à redire, merci Olivier Coipel. C'est rythmé et cadencé, merci Mark Millar. Par contre, question fond on repassera. C'est lisse, sage, policé, incapable de prise de risque et doté de si peu d'ambition qu'on s'emmerde passablement. Du twist et de la révélation toute les deux pages qui poncent tellement le poncif qu'il faut vraiment ne jamais avoir ouvert un comics pour être surpris de quoique ce soit.


Alors, oui. J'ai passé un bon moment avec un bon divertissement. Ca marche du feu de baguette et je n'ai rien à reprocher en soi à cet objet, si ce n'est que ça n'apporte rien de plus que de l'iconique pour de l'iconique, des personnages stéréotypés et baisables pour satisfaire à tous les publics et des jeunes à problèmes en proie à leurs héritages et responsabilités pour une quelconque identification avec tout post-ado au syndrome de Peter Pan plus ou moins prononcé (doté de super pouvoir ou non). C'est d'autant plus frustrant qu'il y avait un potentiel au delà des logiques commerciales.


Si je faisais du mauvais esprit, je dirais que la volonté de Netflix (qui tente ici-même une incursion dans le comics en se payant des grands noms pour la légitimité) est de lancer un ballon d'essai pour s'essayer au genre face à un Disney propriétaire de Marvel super actif sur le créneau des mini-séries, pas forcément plus heureuses mais au moins un peu plus pourvues question caractère. Il n'y a qu'a voir l'addictif et super dispensable Jupiter's Legacy de la même écurie (Millar World/Netflix) pour imaginer ce que le transmedia va donner : facile d'accès, sans enjeu, sans sous-texte, inoffensif mais fun à binger.


Le divertissement à son paroxysme.

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