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Une vie de crime


Tyler Cross (tome 1 à 3)

Fabien Nury - Brüno

Editions Dargaud


Déclaration d'amour aux films noirs des années 50, la série Tyler Cross coche toutes les cases de ce qui rend cette vieille Amérique télévisuelle si palpitante et romantique à sa manière.


Tyler Cross, tueur, braqueur, criminel au sang de serpent est clairement un salopard, un anti-héros monolithique et auto-centré d'une efficacité redoutable. Personnage sombre et taiseux, d'un charisme sauvage et ravageur, la ligne de Brüno (avec laquelle j'ai beaucoup de mal d'ordinaire) se prête tellement bien à ce type de récit tranché/haché/brutal... à l'image de la vie de notre protagoniste. Si Tyler Cross est le "héros" d'un point de vue narratif, ce n'est qu'une saloperie de plus dans le monde du crime. Ses immenses talents et facultés d'adaptation en font une machine foutrement efficace, un jouisseur comme seuls ceux qui vivent sur le fil du rasoir peuvent l'être et un enfoiré sans moral ni vergogne bien loin de la pensée magique de "l'honneur des voleurs".


La saga est simple, on suit des casses, des coups, des vendettas qui tournent mal. A force de coups tordus, de trahisons, de croquer à tous les râteliers des pègres américaines, la vie de Tyler Cross est forcément mouvementée et sacrément cinématographique, cela va de soi. On nage souvent en plein cliché pour tout ce qui touche aux personnages : barons de la pègres gras comme des porcelets, aveuglés de haines et rancunes dérisoires et ancestrales, propriétaire terrien cupide et violent et ses héritiers lâches et débiles, avocat véreux et suintant, diamantaire malhonnête et cupide, politiques corrompus, femmes fatales à gogo... C'est tellement simple dans la grammaire scénaristique et visuelle que le récit coule de source (façon torrent des Appalaches), comme un bon film.


Tyler Cross convoque tout ce qu'il y a de mauvais dans l'humanité et en fait un récit hargneux et désespéré, sans moral : c'est toujours un méchant qui gagne à la fin.


Si je ne suis pas trop "gangsters" en littérature/BD/ciné, là, je dois avouer avoir vraiment apprécié la ballade dans des années 50 putatives où "liberté" semble être un concept sans limite.


A retrouver aux éditions Dargaud



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